Voici quelques articles sur
la recherche en cours...
Certains paragraphes sont en anglais, mais
pourraient être traduits à l'avenir.
N'hésitez pas à nous signaler un article interessant.
* OCD linked to low oestrogen levels (New Scientist 2005)
OBSESSIVE-compulsive disorder in some men could be caused by low levels of oestrogen, meaning it might be possible to treat the disease with drugs that mimic the hormone, mice studies suggest.
Wah Chin Boon and her colleagues at the Prince Henry's Institute of Medical Research in Melbourne noticed that in a strain of mice that produces no oestrogen, the males behave in ways similar to people with OCD, such as excessive grooming and wheel running. Brain levels of COMT, an enzyme implicated in human OCD, were also halved in the oestrogen-deficient male mice. Oestrogen-deficient female mice did not show symptoms of OCD, suggesting that different mechanisms trigger OCD in females.
When the male mice were given oestrogen replacement therapy for three weeks, their running and grooming activity returned to normal, as did COMT levels, the team reported this week at an Endocrine Society meeting in San Diego, California.
"It's very exciting. It strongly suggests that oestrogen plays a role in OCD," says psychiatrist Jayashri Kulkarni of the Alfred Hospital, also in Melbourne. And she says drugs that mimic specific effects of oestrogen on the brain without "feminising" the body are becoming available, raising the possibility of new treatments for men with OCD.
Just as many women as men suffer from OCD, which affects around 1 in 100 people, but men tend to develop the disorder at a younger age and have more severe symptoms.
* La stimulation cérébrale profonde (SCP) (Inserm, 2004)
Le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) touche 2 à 3% de la population. Il se caractérise par l'irruption d'obsessions qui contraignent le sujet, pour diminuer l'anxiété qu'elles lui procurent, à réaliser des comportements répétitifs, des compulsions . Le TOC est souvent associé à une dépression majeure. Des traitements médicamenteux et psychothérapiques existent, mais certains patients y sont résistants et les techniques neurochirurgicales lésionnelles alors utilisées sont très lourdes. Une équipe de chercheurs du CNRS et du CHU de Bordeaux(1) viennent de tester avec succès, sur une zone sous-corticale précise, la technique de stimulation cérébrale profonde (SCP) chez un patient souffrant d'une forme sévère et résistante de TOC. Ces résultats représentent un grand espoir dans le traitement de ce trouble. Ils ont fait l'objet d'une publication dans le numéro d'octobre 2004 du « Journal of Neurosurgery ».
L'efficacité des traitements antidépresseurs et des psychothérapies est aujourd'hui clairement établie dans la prise en charge du TOC. Néanmoins, ces stratégies thérapeutiques s'avèrent peu ou pas efficaces dans 25 à 30% des cas. Diverses approches neurochirurgicales ont alors été utilisées, dont la réalisation de lésions bilatérales de la capsule antérieure, zone de passage des fibres reliant le thalamus au cortex (c.f. schéma), que la neuroimagerie fonctionnelle a montré comme fortement impliquées dans la physiopathologie du TOC. Ces techniques neurochirurgicales se sont révélées efficaces dans 60 à 70% des cas, mais elles sont aujourd'hui peu pratiquées car les lésions causées sont irréversibles et peuvent entraîner des complications.
La stimulation cérébrale profonde (SCP) de la capsule antérieure a été testée pour remplacer cette chirurgie lésionnelle. Cette technique, qui consiste en l'implantation d'électrodes au niveau de la région cérébrale d'intérêt, a été efficace chez trois des quatre patients présentant un TOC, opérés(2).
En se basant sur ces données et sur la physiopathologie du TOC, les chercheurs du CNRS et du CHU de Bordeaux ont choisi comme cible de la SCP l'une des régions bordant la capsule antérieure(3). Ils ont étudié les effets de la SCP de cette région chez un patient souffrant d'une forme sévère et résistante de TOC avec dépression secondaire. C'est la première fois que l'efficacité de la SCP a été évaluée sans l'adjonction de traitements pharmacologiques, arrêtés avant l'intervention chirurgicale.
Les chercheurs ont mis en évidence une réduction importante de la sévérité des symptômes dépressifs et anxieux dans les trois premiers mois de SCP, avec l'obtention d'une rémission après six mois(4). Les effets favorables sur le TOC se sont révélés plus tardifs avec une amélioration franche des symptômes et une rémission observées dès le 12ème mois de traitement(5), et perdurant trois mois plus tard. De plus, aucune altération des tests neuropsychologiques, ni aucun effet secondaire clinique n'ont été retrouvés.
Ces résultats, qui doivent être confirmés chez un plus grand nombre de patients, sont très prometteurs : ils confortent le rôle de cette zone sous-corticale dans la production des manifestations obsessionnelles-compulsives et dépressives. Elle pourrait représenter une cible de choix pour traiter par SCP des formes de TOC et de dépression majeure rebelles aux démarches thérapeutiques usuelles.
Notes :
(2) Nuttin B, Cosyns P, Demeulemeester H, Gybels J,
Meyerson B: Electrical stimulation in anterior limbs of internal
capsules in patients with obsessive-compulsive disorder. Lancet
354:1526, 1999.
(3) Et plus particulièrement la partie ventro-médiane du striatum (incluant la tête du noyau caudé et le noyau accumbens).
(4) Pour une dépression, on parle habituellement de rémission quand les symptômes sont tout au plus minimes.
(5) Pour les TOC, on parle de rémission quand la sévérité des symptômes est légère à très modérée.
Références :
Stimulation cérébrale profonde de la région
ventro-médiane du striatum dans le traitement du trouble
obsessionnel-compulsif avec dépression majeure. J Neurosurg. 2004
Oct;101(4):682-6.
Bruno Aouizerate, Emmanuel Cuny, Corinne Martin-Guehl, Dominique Guehl,
Hélène Amieva, Abdelhamid Benazzouz, Colette Fabrigoule, Michèle
Allard, Alain Rougier, Bernard Bioulac, Jean Tignol & Pierre Burbaud
Centre Hospitalo-Universitaire de Bordeaux
Laboratoire Physiologie et physiopathologie de la signalisation cellulaire (CNRS - Université Victor Segalen Bordeaux 2)
Contacts :
Contacts chercheurs :
Bruno Aouizerate (psychiatre)
Tél : 05 56 56 35 85, Mél : bruno.aouizerate@u-bordeaux2.fr
Emmanuel Cuny (neurochirurgien)
Tél : 05 56 79 55 77, Mél : emmanuel.cuny@chu-bordeaux.fr
Pierre Burbaud (neurologue - neurophysiologiste)
Tél : 05 57 57 35 15, Mél : pierre.burbaud@umr5543.u-bordeaux2.fr
Contact département des Sciences de la vie du CNRS :
Jean-Pierre Ternaux
Tél : 01 44 96 43 90, Mél : jean-pierre.ternaux@cnrs-dir.fr
source = Inserm, 2004 :: http://www.caducee.net/Communiques/22102004/2210200421_TOC.asp
* La psycho-chirurgie (Alain
Sousa, Doctissimo, 2002)
Une technique vient à nouveau d’être recommandée pour traiter certains troubles psychiatriques : la psychochirurgie. Basée sur la stimulation électrique, elle permettrait de soigner des problèmes tels que les troubles obsessionnels compulsifs. Explications…
Le 5 juin 2002, le comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu un avis favorable à l’utilisation de nouvelles avancées dans le domaine de la psychochirurgie.
Vous avez dit psychochirurgie ?
La psychochirurgie, ce sont tous les gestes médicaux au niveau cérébral qui vont permettre de modifier un comportement. Elle a très mauvaise presse : on pense aussitôt à la lobotomie, qui consiste à enlever purement et simplement une partie du cerveau. Cette technique employée essentiellement dans les années 40 et 50 a été très critiquée et pratiquement abandonnée après l’apparition de plusieurs médicaments tels que les neuroleptiques. Mais certains troubles psychiatriques réfractaires à tout traitement demeurent. C’est pourquoi il existe des techniques de neurochirurgie, qui permettent une destruction très limitée de groupes de neurones (capsulotomie antérieure, cingulotomie, tractotomie…) qui donnent souvent de bons résultats. Mais ces techniques gardent un aspect irréversible.
Un pacemaker pour le cerveau !
Depuis quelques années, une nouvelle technique est apparue : la neurostimulation cérébrale. Elle consiste en l’introduction d’électrodes de très petite taille dans des groupements de neurones intervenant dans un contrôle particulier que l’on souhaite modifier. Ces électrodes vont permettre de faire une stimulation électrique de ces structures, ce qui modifie leur fonctionnement et permet l’amélioration des troubles. Evidemment, le malade ne ressent pas du tout ces stimulations. Les électrodes une fois en place ne sont pas visibles. Elles sont reliées par un fil conducteur, placé sous la peau, au stimulateur. C’est en quelque sorte l’équivalent d’un pace-maker cardiaque !
Un procédé réversible
La neurostimulation possède de nombreux avantages. Ainsi, les stimulations peuvent être modifiées à tout moment à l’aide du boîtier, sans nouvelle intervention. De plus, la nécessité de contrôles réguliers permet un suivi du patient régulier. Enfin, et surtout, c’est une technique réversible : on n’enlève aucune structure cérébrale. On peut ainsi stopper provisoirement le traitement en arrêtant la stimulation et même de manière définitive en enlevant les électrodes.
Pour quels troubles ?
Les techniques de neurostimulation sont déjà utilisées dans la maladie de Parkinson, pour notamment réduire les tremblements. En ce qui concerne les troubles psychologiques, le CCNE, après avis de différents experts, retient comme indication essentielle les troubles obsessionnels compulsifs (TOC). C’est en effet pour ce problème que la psychochirurgie apporterait les meilleurs résultats. Le CCNE évoque d’autres applications possibles (dépressions graves résistantes au traitement, psychoses schizophréniques résistantes au traitement…), mais émet pour l’instant des réserves, en l’absence d’études complémentaires. Dans tous les cas, le Comité précise qu’un encadrement très strict de ces pratiques doit être fait. Toute demande de traitement devrait passer devant un comité de contrôle mis en place spécialement. De plus, l’acceptation du traitement par le malade reste essentielle. Or c’est un des problèmes majeurs dans de nombreux troubles psychiatriques.
source http://www.doctissimo.fr/html/psychologie/mag_2002/mag0614/ps_5618_psychochirurgie.htm