Contenu de la page
* Qu'est ce que le TOC ?
* Qu'est ce que la phobie d'impulsion ?
* Etude sur le mécanisme de la peur
* Analyse des mécanismes propres aux ruminations et à la phobie d'impulsion
* Les causes présumées du TOC
Le trouble obsessif-compulsif se caractérise par la présence d'obsessions, c'est à dire par des pensées indésirables et persistantes que l'individu n'arrive pas à chasser de son esprit et qui entraînent de l'anxiété.
Les obsessions conduisent fréquemment au développement de compulsions, c'est à dire à des comportements répétitifs ou à des actes mentaux que l'individu se sent poussé à accomplir et qui souvent soulage l'anxiété.
Les obsessions et les compulsions sont à l'origine de sentiments marqués de détresse, d'une perte de temps considérable (plus d'une heure par jour) et interfère de façon significative avec les activités habituelles de la personne.
Environ 2,5% de la population souffre de ce trouble. Il apparaît généralement à la fin de l'adolescence ou au début de l'âge adulte et il est aussi fréquent chez les hommes que chez les femmes.
La phobie d’impulsion désigne la crainte d’avoir une impulsion, suicidaire ou homicide. Je dirais qu’elle peut prendre des formes variées : peur de hurler, de casser des fenêtres, de violer, de frapper… Comme s’il s’agissait pour le sujet de la crainte de commettre un acte répréhensible et contraire à ses valeurs.
Concrètement, certains phobiques ont
peur de se suicider malgré eux, par exemple en se défenestrant ou en se
plantant une lame dans le corps.
Que penseraient-ils du doux nom d'autocheirothanatophobes ? Certaines mères craignent de tuer leur bébé, leur mari, certains maris craignent d'être pris de l'impulsion irrésistible de tuer leur femme.
D'autres encore ont peur de s'en prendre à n'importe qui, tels certains coiffeurs pour hommes pour qui la phobie d'impulsion est une véritable entrave à leur épanouissement professionnel : il s'agit là de la peur d'être pris de l'impulsion irrésistible d'égorger leur client à défaut de le raser.
Il est important de rappeler que les cas de passage à l’acte sont rarissimes, personnellement, je n’ai pas eu vent d’un seul passage à l’acte d’un sujet souffrant exclusivement de phobie d’impulsion. Il convient donc de souligner une nouvelle fois que les cas de passages à l’acte sont très rares.
Afin de décrire la phobie d’impulsion, nous pouvons nous référer à une comparaison : tout le monde, à un moment de sa vie, s’est senti happé par le vide en se promenant près d’une falaise ou au sommet d’un immeuble, ce ressenti est singulier et passager. Néanmoins, l’analogie avec la phobie d’impulsion ne me parait pas erronée : le sujet en proie à ce type de phobies ressent comme une peur d’avoir l’envie de faire ce qu’il redoute, comme s’il allait passer à l’acte malgré lui.
Il convient de rappeler que la phobie d’impulsion est intégrée au trouble obsessionnel compulsif, selon certains auteurs, il s’agirait d’une aggravation de la névrose phobique qui se mute en névrose obsessionnelle.
Il me semble cohérent d’appliquer le lâcher prise , parmi d’autres techniques, dans un cas de phobie d’impulsion : le sujet en proie à la peur de tuer, par exemple, peut être amené à tenter de se raisonner ; dès lors il va tout faire pour se prouver par a+b qu’il n’est pas un monstre ou un fou, de ce fait, il me semble qu’il entretient l’idée d’un danger potentiel. Cette hypothèse n’engage que moi et il convient de se renseigner auprès d’un thérapeute.
Nous verrons qu’il existe certains outils pour lutter contre la phobie d’impulsion dans le cadre de la thérapie cognitive et comportementale, ne serait-ce que le flooding ou l’exposition avec objets tranchants à réaliser dans le cabinet d’un professionnel.
Quoi qu’il en soit, le diagnostic de phobie d’impulsion et les différentes voies thérapeutiques exposées ci-dessus sont du ressort d’un spécialiste de la santé mentale : psychiatre ou psychologue clinicien.
Le trouble obsessionnel compulsif est classé parmi les troubles anxieux dans le cadre du DSM. L’anxiété est un paramètre substantiel, inhérent au TOC. Dès lors, comment gérer ces angoisses ? Comment fonctionnent-elles ?
- J’aimerais introduire par la notion de mal être, laquelle convient davantage selon moi : en fonction de la fluctuation du trouble et son évolution, notamment en comportementale, la notion de mal être semble plus appropriée au TOC.
1 – Au fur et à mesure des exercices, l’angoisse sera de moins en moins longue.
2 – Au fur et à mesure, l’angoisse sera de moins en moins intense.
3 –
L’angoisse finit toujours par retomber.
Je rajouterais un dernier point qui me parait
fondamental : le cerveau ne peut jongler qu’avec un nombre limité d’informations, lorsque les pensées obsédantes s’amassent, il les rejette.
Ainsi, les conséquences du lâcher prise ne seront nullement la démence ou la
crise cardiaque dans la mesure où le cerveau réalise un écrémage naturel.
Les causes du trouble obsessionnel compulsif ne peuvent qu’être présumées dans la mesure où elles demeurent inconnues.
La théorie neurochimique
Ce modèle met l’accent sur le dysfonctionnement d’un neuromédiateur : la sérotonine.
Le circuit neuronal utilisant la sérotonine pour transmettre l’information apparait comme fonctionnant au ralenti dans le cadre du trouble obsessionnel compulsif. La transmission de l’information entre les neurones serait donc perturbée.
Cette théorie se fonde essentiellement sur les bienfaits d’un type d’antidépresseurs : les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine qui ont pour effet d’augmenter la sérotonine dans la synapse (jonction entre deux neurones) La dopamine, un autre neuromédiateur, est à l’étude.
D’autre part, il a pu être émis un constat : l’imagerie fonctionnelle cérébrale semble incriminer des zones particulières du cerveau dans le cadre du toc, celles-ci sont riches en connexions synaptiques impliquant la sérotonine. Au niveau du cortex orbito-frontal et cingulaire, et du noyau caudé, auraient été constaté des différences de fonctionnement entre le sujet « normal » et le souffrant.
Reste à savoir si ces manifestations ne constituent pas le reflet de la lutte obsessionnelle plutôt qu’un réel dysfonctionnement.
La génétique pourrait aussi jouer un rôle dans l’apparition de la pathologie une étude portant sur des jumeaux homozygotes a été réalisée : elle indique que 60% des jumeaux de sujet souffrant de toc présentent eux aussi le trouble.
La théorie comportementale
Cette théorie se fonde sur le postulat suivant : le maintien des symptômes s’explique par un mécanisme d’apprentissage. La cause du toc est inconnue, il s’agit donc de s’attaquer aux symptômes. Les stratégies de réassurance du sujet (évitement, rituel) ne pourvoient qu’au maintien du trouble dans la durée, et si ces stratégies ont été apprises, il est évident qu’elles peuvent être désapprises. Les compulsions ne servent que la compulsion dans la mesure oùelles renforcent leur assise dans le champ de conscience : même si elles peuvent soulager à très court terme, elles renforcent les rituels.
D’autre part, la compulsion empêche la confrontation du sujet aux obsessions, ainsi, le rituel fait barrage à l’habituation à l’obsession.
La théorie cognitive
Il s’agit ici de comprendre que le thème obsédant est en lui-même un phénomène banal. Il y aurait un retentissement anormal du thème obsédant chez le sujet en prise au toc.
Deux mécanismes expliqueraient ce retentissement et le développement du trouble :
1 L’anxiété excessive face au thème obsédant banal
2 Le sujet ne croit pas que la pensée obsédante est banale.
Des schémas de responsabilité et de culpabilité seraient à l’origine de ces deux mécanismes (voir traitements)
La théorie psychanalytique : un modèle peu convaincant
La première description française de l’obsession apparaît dans « Le traité des scrupules » qui fut écrit par un prêtre janséniste. Ce prêtre, nommé Duguet définit le scrupule comme « un doute en matière de morale, qui n’est pas fondé ou qui l’est très légèrement. »Le terme « obsession » est issu « Des obsessions pathologiques », un article de Luys paru en 1883.
Certains auteurs parlent de névrose anankastique
(ananké : destin en grec) et l’expression de personnalité anankastique
apparaît dans la classification de l’organisation mondiale de la santé.
En 1908, Janet assigne à la psychasthénie un rôle
central dans les obsessions. La psychasthénie s’assimile à une carence d’énergie
mentale, dans la personnalité psychasthénique, la fonction du réel paraît
diminuée, et cela peut entraver les décisions, la résolution ou encore la
croyance et l’attention.
La névrose obsessionnelle doit son nom à Freud qui définit
celle-ci par une personnalité obsessionnelle associée à des symptômes
obsessionnels.
Pour Freud, l’obsessionnel lutterait contre des tendances sadiques refoulées, il serait en proie à une lutte entre la résurgence de pulsions sexuelles et un surmoi cruel qui les lui interdit.
Le conflit amour-haine s’exprimerait par des doutes incessants, des ruminations, des scrupules et une inhibition de l’action.
Les mécanismes de défense se mettraient dès-lors en place et auraient pour origine un trouble de la personnalité sous-jacent qui prendrait ses racines dans l’enfance.
Malheureusement, comme nous le suggère le docteur Cottraux : « la très grande finesse des interprétations psychanalytiques ignore l’ornière des résultats» par ailleurs, les allégations issues de la psychanalyse n’ont jamais été validées par des méthodes scientifiques. Les observations servant de fondement aux interprétations freudiennes ont été effectuées à partir d’un panel de souffrants très restreint, et cette démarche ne peut que nous renvoyer à un certain obscurantisme.
Pour Freud, l’obsédé est en proie aux sollicitations
libidinales du complexe d’Œdipe, et l’organisation de la libido est si faible
que le Moi se défend en régressant à la phase sadique-anale.
L’érotisme anal engendrerait une obstination et un
entêtement chez le sujet, une difficulté à abandonner les objets, un
collectionnisme, une angoisse de la séparation. De l’agressivité sadique
déclencherait chez les sujets : une cruauté envers les faibles, la
rébellion contre l’autorité, les injures scatologiques.
Bergeret met en garde contre la tendance à articuler
le caractère obsessionnel autour de l’agressivité anale jusqu’à en oublier les
mécanismes sous-jacents dont les traits obsessionnels en sont l’expression.
Selon Freud, chez le sujet obsessionnel, émergerait une
lutte entre résurgence de pulsions sexuelles et un Surmoi cruel qui les
interdit. Dans « L’homme aux rats », Freud décrit une ambivalence des
sentiments chez le sujet, ambivalence des sentiments d’amour et de haine envers
la même personne, ceci étant au cœur de la vie affective de l’obsédé, ce qui
expliquerait le doute compulsif.
Freud définit une forme de régression dans la névrose
obsessionnelle : la régression de l’acte à la pensée. « La
satisfaction éprouvée en atteignant un résultat cogitatif est perçue comme une
satisfaction sexuelle. »
Les mécanismes de défense chez l’obsédé serait l’annulation
(le sujet s’efforce de faire en sorte que des pensées, parole ou actes ne
soient pas advenus), l’isolation (il s’agit d’isoler la représentation de son
affect) et la formation réactionnelle (qui désigne une attitude psychologique
de sens opposé à un désir refoulé : par exemple, la pudeur s’oppose à des
tendances exhibitionnistes)
Selon Klein, la névrose obsessionnelle se traduit par
une certaine guérison de la psychose qu’elle recouvre. Ainsi, les symptômes
obsessionnels constitueraient une tentative pour faire face aux menaces de
désorganisation et de morcellement.
Enfin, selon Grunberger (1965) il existerait un
éventail gigantesque de névroses obsessionnelles qui fonctionneraient comme moyen
de défense contre une psychose latente.